Que pensent les français de la consommation responsable ? Le baromètre GreenFlex–ADEME 2026 fournit des réponses à cette question en interrogeant non plus les responsables d’entreprise mais les citoyens consommateurs. Un échantillon de 1009 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus a participé.
Un engagement stable
Depuis la mise en place de ce baromètre il y a 5 ans, les chiffres restent relativement stables avec plus de 3/4 des français qui se disent concernés par la consommation responsable ou engagé pour la développer. La vague 2025 avait mis en évidence une tendance à la diminution de cet engagement qui est renversée cette année. L’engagement augmente à nouveau un peu sans revenir toutefois à son niveau de 2023.

La santé d’abord
Cette enquête indique que la santé reste la priorité des français, malgré la progression importante du coût de la vie depuis 2022. Ce graphique appelle d’ailleurs plusieurs remarques sur les termes choisis pour la priorisation. Par exemple concernant la notion de bonheur, d’ailleurs en baisse cette année. Ne recouvre-t-elle pas plusieurs des autres choix proposés ? Nous pouvons aussi nous étonner du très faible score de l’environnement pour cet échantillon pourtant fortement engagé dans la consommation responsable.

Ceux qui me connaissent bien savent que je suis souvent sceptique sur les résultats des enquêtes basées sur des échantillons représentatifs de 1.000 personnes environ. Surtout lorsqu’elles concernent des sujets aussi complexes que la consommation responsable. On peut d’ailleurs supposer un premier biais important : vais-je prendre le temps de réponse à une enquête qui parle de consommation responsable si je me « fous royalement » de cette notion ?
Pour illustrer mes propos j’ai pris le temps de comparer avec les résultats d’autres enquêtes récentes, elle aussi réalisées sur la base d’échantillons représentatifs. Regardons par exemple les résultats du baromètre L’ObSoCo-CEVIPOF sur les préoccupations majeures des français, réalisé fin 2025. La santé est à peine visible, avec seulement 4% des réponses ! Mais le coût de la vie est bien présent en seconde position.

Une autre enquête IPSOS « what worries the world » a été lancée en Mai 2026 sur plusieurs pays. Là encore le système de santé n’apparait qu’en quatrième position. Certes l’item parle du système de santé et pas de santé personnelle. Mais vous conviendrez que ces deux notions sont très proches. En tout cas l’inflation et la sécurité se retrouvent encore en première position.

Toujours se méfier donc des sondages par « échantillon représentatif » dont les résultats sont souvent orientés par les objectifs du commanditaire. Il existe heureusement une autre voie que ces fameux échantillons représentatifs que nous avons déployée sur de nombreux projets confiés à Formitel. Car le coût d’interrogation d’une personne supplémentaire est devenu très faible avec la généralisation d’internet. Je préconise donc de donner la parole à l’ensemble de la cible sans se limiter à un échantillon. Les données peuvent toujours ensuite être redressées en fonction des réponses des participants aux questions de qualification. Par contre nous prenons souvent le temps d’analyser la cartographie et la dynamique des réponses.
En entreprise, n’est-ce pas une information intéressante pour la qualité du management et de la communication interne de savoir qu’une entité à répondu 2 fois plus et plus rapidement à l’enquête initiée par le niveau central ?
En matière de RSE, Diag26000 a aussi décidé de ne pas se reposer sur un simple échantillon représentatif. La base de données comprend maintenant prêt de 26.000 réponses et les infographies disponibles portent bien sur l’ensemble de ces avis.
Mais revenons à ce baromètre ADEME qui propose d’autre chiffres intéressants sur la consommation.
Consommer autrement
Egoïstes les français ? En tout cas, ce n’est pas l’avenir de la planète et des générations futures qui apparaît en premier choix. Sa santé personnelle reste le levier le plus important pour faire évoluer la consommation.

Et les cours de cuisine ont de beaux jours devant eux car cuisiner soi même reste le meilleur moyen de savoir ce qui se trouve dans notre assiette pour 85% des participants.

Les discours sur la part importante de l’élevage dans les émissions de CO2 semblent porter leurs fruits puisque les consommateurs réguliers de viande baissent de 10%. Attention, les chiffres 2026 sont comparés ici avec ceux de 2021 et pas de l’année dernière.

La responsabilité des marques
Les marques et les campagnes de publicités ne sont pas bien vues par les participants. 87% estiment qu’elles incitent à la surconsommation. 81% considèrent que les entreprises devraient faire évoluer leur modèle d’affaires et arrêter de chercher la croissance économique à tout prix. Ils sont aussi nombreux, 81%, à penser que les gouvernements devraient contraindre davantage les entreprises à produire dans le respect de l’environnement et des travailleurs. Ce n’est pourtant pas la direction que prennent les dernières évolutions avec le détricotage du Green Deal européen. La confiance est particulièrement faible envers les grandes entreprises : 38% seulement leur font confiance.

Un autre chiffre concerne plus directement l’écosystème Diag26000. Moins d’une personne sur deux (46%) croit les entreprises et les marques quand elles s’engagent en matière de développement durable. Pour avancer sur le chemin d’une communication responsable dépassant le stade de la publicité commerciale, Diag26000 met à disposition des outils participatifs. Les labels Diag26000, comme le 360 RSE, permettent de partager en toute transparence les résultats de ces cartographies en interne et en externe. Nous proposons ainsi de dépasser le stade du simple « label logo » qui n’indique rien de concret sur le fonctionnement de l’organisation. Il existe aussi une base de données de bonnes pratiques qui permet à l’entreprise d’indiquer les progrès concrets réalisés sur chacun des 17 Objectifs du Développement Durable.
L’enquête souligne un rejet assez général de la publicité. 84% des participants pensent qu’elle devrait être réduite. Et ils sont encore 79% à juger que l’Etat devrait interdire la publicité pour les produits les plus néfastes pour l’environnement et la santé.

Le baromètre GreenFlex-ADEME contient bien d’autres chiffres intéressants. Vous pouvez en retrouver le détail via ce lien.
